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BRETAGNE - Côtes d'Armor
Témoignage de Jean-Baptiste Belloeil
Jean-Baptiste Belloeil,
30 ans,
à Lanfains
65 hectares
Elevage de 160 truies
“ Il en va de l'avenir de notre planÈte ”

En 2006, alors qu'il n'avait que 25 ans, Jean-Baptiste Belloeil a repris une partie de l'exploitation familiale pour se consacrer à l'élevage porcin et plus précisément de cochettes labellisées destinées à faire des mères dans d'autres élevages, les parents s'occupant de l'élevage bovin. Chez les Belloeil, on a d'abord commencé par utiliser le Bactériosol® sur les terres et maintenant ce sont 2500 à 3000 m3 de lisier qui sont traités annuellement avec du Bactériolit®.

« Déjà au départ, nous n'achetions pas beaucoup d'engrais car nous travaillions beaucoup avec le lisier et le fumier. La première fois que j'ai mis du Bactériolit®, c'est parce que j'avais de l'ammoniac dans une salle. Quand elle était vide, quelques jours après le vide sanitaire, on pouvait à peine rester dedans à cause de l'ammoniac. Maurice Duault qui travaillait déjà avec mes parents m'a conseillé de traiter avec du Bactériolit® et très vite ces émanations d'ammoniac ont disparu. C'est un grand confort pour nous mais aussi et surtout pour les bêtes. Maintenant j'en mets dans les fosses de toutes mes porcheries. Quand je prends le fumier au grappin, la différence est nette. Il se défait tout seul alors qu'avant on faisait venir un composteur et en plus il s'épand beaucoup plus facilement. Si vous ajoutez à cela que les voisins disent qu'il sent beaucoup moins et qu'en plus je n'ai plus de problèmes de croûtes dans les fosses, c'est vraiment un net progrès. Le sol est plus poreux, plus aéré. Il colle moins. Je compare avec les parcelles de mes voisins, ça saute aux yeux. Sur les cultures, j'ai des voisins qui mettent de l'engrais starter. Ça décolle mieux au départ. Chez nous ça stagne un peu mais ça rattrape largement. En plus l'enracinement est meilleur chez nous. Avec l'engrais starter, les racines restent en surface autour de l'engrais pendant que les nôtres s'enfoncent et vont chercher en profondeur ce dont elles ont besoin. J'ai des voisins qui me prennent du lisier. Je leur ai dit que je le travaillais drôlement bien avec Bactériolit®, que ça permettait d'avoir moins de lessivages et que ça donnait un coup de main à la terre.

Il y en a trois qui ont été convaincus et qui maintenant payent leur quotepart de Bactériolit® pour que je traite les lisiers qui leur sont destinés. Actuellement, je suis en passe d'arrêter tous les engrais chimiques. Je fais tout en lisier pour le blé et l'orge. La coopérative essayait de me pousser à mettre quand même un coup d'azote mais j'ai résisté. Et l'an dernier, en orge, j'étais à 80 quintaux avec un seul fongicide. Je pense que je suis sur la bonne voie. Je viens de m'engager pour les terres en MAE (mesures agroenvironnementales) notamment au niveau des désherbants pour les céréales. Sur cinq ans, nous nous engageons à réduire de façon sensible les engrais et les produits phytosanitaires et sur les prairies nous devrons être à 140 unités d'azote organique plus minérale maxi. Sur les fongicides, je dois être à 50% d'économie pour des rendements qui sont aussi élevés.

“La nouvelle génération a pris conscience du fait qu'il fallait qu'on redonne vie à nos terres.”

Ici, beaucoup d'agriculteurs ont entre 40 et 50 ans, c'est une génération intermédiaire qui est encore sous l'influence des anciens. Diminuer les doses de produits ce sera un bien pour tout le monde, à commencer par nous. Cette année, on va essayer de ne faire qu'un passage pour désherber et on fera le deuxième à la bineuse. Je fais aussi des essais en mélangeant trois variétés de blé sur une même parcelle pour limiter les maladies. Ça permet de diminuer les fongicides. En fait, je suis très ouvert à tout ça.

C'est vrai qu'on passe du temps à essayer de convaincre les gens autour de nous. La Chambre n'a pas l'air encore trop investie sur les produits Sobac. Il y a tellement d'enjeux... Souvent mes collègues semblent convaincus et puis quand ils rentrent chez eux ils réalisent qu'ils ne sont pas prêts à franchir le pas. Ils sont dans un système, ils trouvent que ça marche et ils continuent comme ça.

“J'essaie d'avancer dans une direction qui correspond à l'idée que je me fais de ce métier que j'aime.”

Moi, je me dis que demain, sur les produits phyto, il va falloir réduire, il n'y aura pas le choix. J'ai le sentiment qu'on prend de l'avance. Si demain il y a des produits interdits, nous serons déjà prêts à faire face. En plus là, il y avait les MAE qui nous permettent de toucher des aides. C'était l'occasion. Je ne me sens pas un pionnier, simplement j'écoute, je m'intéresse. J'essaie d'avancer dans une direction qui correspond à l'idée que je me fais de ce métier que j'aime. Je ne suis plus obsédé par les rendements mais je regarde ce que ça me coûte et les marges que je dégage. Les économies sont substantielles. J'ai des voisins de 75 ans qui réalisent en me voyant travailler combien ils ont gaspillé d'argent. Ils se rendent compte que nous faisons aussi bien qu'eux mais avec beaucoup moins. C'était des modes, c'était comme ça. On ne peut pas leur en vouloir. Ma femme qui est infirmière est heureuse que je rentre dans les MAE. Je suis assez optimiste en fait. Je vois autour de moi plein de jeunes qui recommencent à faire leur potager et qui viennent chez moi chercher du fumier parce qu'ils savent comment je travaille.

Je trouve ça super qu'on fasse du Bactériosol® pour les jardins. D'ailleurs, les agriculteurs, il faut qu'ils se disent que leurs champs c'est comme leurs jardins. Il faut qu'ils les bichonnent tout autant. Il en va de l'avenir de notre planète ».

ÉLEVEURS PORCINS



“ Sur les fongicides, je dois être à 50% d'économie pour des rendements qui sont aussi élevés. ”



“ C'est un grand confort pour nous mais aussi et surtout pour les bêtes. ”