







La maman écoute ses fils avec fierté.
Elle doit se dire que son mari Raymond décédé en 1989 serait heureux de les entendre parler avec autant d'amour et de conviction de leur métier d'éleveur. C'est le père qui avait commencé à suivre Marcel Mézy il y a près de trente ans, à l'époque où il ramenait des algues de la région de Saint-Malo. Et puis, il y a eu le « spécial litières » que Raymond fut un des premiers à utiliser.
Mathieu et Paul se rappellent : « En 82, on continuait à utiliser de l'azote, du calcium, du phosphore. Nous avons alors commencé à faire des essais plein sol avec le produit de Marcel Mézy. On faisait moitié-moitié pour pouvoir avoir de vraies bases de comparaisons. Sur l'Aubrac on épand vers le 10-15 mai et on a vite vu que les zones qui étaient traitées avec le Bactériosol® étaient plus vertes, redémarraient plus vite. Ça a été crescendo au fil des années. Et on a vite compris qu'en plus, la pérennité était évidente. Les études faites sur la flore étaient en plus édifiantes. Concernant la santé des animaux, les problèmes de diarrhées que nous avions connus avec les veaux ont disparu grâce à l'amélioration de l'alimentation. En pleine période de productivisme à outrance, on passait pour des retardés. On subissait des pressions. On nous disait : « C'est dommage, vous allez disparaître ». En fait, nous avons eu tort d'avoir raison les premiers. Maintenant, on est dans le vrai. On nous disait en retard et maintenant nous sommes en avance. Il y a eu cinquante ans de chimie à outrance qui ont formaté des générations de jeunes dans les lycées agricoles. On a enlevé la capacité de réflexion aux gens.
“On bouleverse le système établi et ça dérange”.Marcel Mézy dérange mais nous, nous n'avons jamais douté. Je crois que c'est culturel. De plus, Marcel Mézy a toujours fait des mesures scientifiques lors de ses expérimentations. Il peut tout prouver, tout démontrer, contrairement à beaucoup de firmes. La prise de conscience est longue à venir parce que les gens sont formatés. Les instances locales, départementales ont fait beaucoup de mal à ce procédé dans l'Aveyron. On bouleverse le système établi et ça dérange.
“Nous dégageons plus de revenus que les autres tout en préservant la nature”.
Mais nous sommes plus que jamais persuadés qu'on nous n'en serions pas où nous en sommes aujourd'hui si nous avions travaillé en traditionnel. Nous dégageons plus de revenus que les autres tout en préservant la nature. C'est satisfaisant sur le plan économique mais aussi sur le plan intellectuel. Nous aimons nous retrouver entre agriculteurs qui utilisent ce procédé. Ces échanges sont toujours riches. Nous sommes en bio depuis 2001. Nous avons une vision commune de l'agriculture, celle de gens qui ont compris qu'ils travaillaient sur du vivant ».