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NORMANDIE - manche
Témoignage de Laurent Creully et Fabrice Lamotte
Laurent Creully 35 ans, Fabrice Lamotte 40 ans
Gaec de Ravalet à Sideville
103 ha dont 22 de maïs, 3 de blé, 1,5 d'avoine, 1,5 d'orge, 75 en prairies
50 normandes
35 vaches allaitantes
70 truies
“ En train de restructurer notre sol ”

Pour Laurent Creully et Fabrice Lamotte, l'objectif c'est bien sûr de tendre vers l'autonomie. En passant dans le procédé Sobac, ils ont, entre autres, supprimé les 40 tonnes de chaux qu'ils épandaient chaque année sur leur centaine d'hectares. Et surtout, ils ont découvert à quel point la vie microbienne de leurs sols était en train de se modifier. Un vrai retour sur investissement.

« La Sobac, nous l'avons rencontrée par hasard. Les technico-commerciaux sont passés ici en 2006 et nous avons discuté. On cherchait une solution pour ne plus mettre de chaux. Nous avons fait un essai sur le tiers de la surface et deux ans après, nous avons tout fait. Aujourd'hui, on fait deux tiers en Bactériolit® et un tiers en Bactériosol®. D'entrée de jeu, on a vu que les rendements ne baissaient pas. Le maïs s'est un peu amélioré en valeur et les prairies ont plus de trèfle. Je trouve aussi que les vaches allaitantes sont en meilleur état. Avant, on mettait quarante tonnes de chaux. En azote, on a diminué d'un bon tiers, on est passé de dix à six tonnes. Ça fait plusieurs années qu'on ne met plus d'engrais de fond. Le Bactériolit® et Bactériosol®, c'est un gros investissement au départ et donc après, il est difficile de faire marche arrière. Mais aujourd'hui, on y trouve notre compte d'un point de vue économique.

La production de foin est meilleure qu'avant. Il faut diversifier au maximum en prairies temporaires. Cette année, c'était sec, les prairies dix plantes poussent mais pas les prairies naturelles. On a fait quatre hectares de méteil entre deux maïs, on attend de voir les résultats. Aujourd'hui, nous ne sommes pas autonomes au niveau fourrage. On a acheté du maïs l'an dernier et on va sûrement en racheter.

On veut arriver un jour à l'autonomie. J'espère que nous sommes en avance sur ceux qui sont en conventionnel mais il faut qu'on progresse sur les prairies pour être autonomes.

Autour de nous, ils ont été étonnés de nous voir changer complètement notre façon de travailler. La plupart n'y croient pas trop même si ils savent que nos rendements ne baissent pas. Si on a aussi vite sauté le pas, c'est que cela nous évite aussi de passer avec le semoir à chaux. On observe plus nos terres aussi grâce aux gens qui passent ici et qui nous font des remarques. C'est avec ces échanges qu'on approfondit notre connaissance.

Au niveau des sols, on a appris plein de choses. Les profils de sols, on n'en avait jamais fait avant. L'évolution qu'il y a dans la terre entre avant et maintenant, c'est impressionnant. Je ne pensais pas que la vie microbienne, la vie du sol, allaient se modifier à ce point en travaillant avec la Sobac. Là, on se rend visuellement compte qu'on est en train de restructurer notre sol.

Dans l'avenir, on veut acheter le moins possible à l'extérieur. Il nous faudra encore plusieurs années avant d'arriver à l'autonomie mais nous sommes sur le bon chemin. C'est vrai que quand on manque de nourriture pour les bêtes, les vieux réflexes reviennent à la surface. On se dit qu'on remettrait bien un coup d'azote même si aujourd'hui on sait que ce ne serait que pour se rassurer et que ça ne changerait rien sur le fond. En période de sécheresse, on se rend compte qu'avec Sobac, en dix plantes, ça résiste mieux.

Les lisiers sont plus faciles à épandre, ça c'est une certitude. Côté troupeau, les bêtes se comportent mieux et il y a plus de lait. Et sur les prairies, il y a beaucoup moins de refus.

En production de lait, on est passé de 23 à 27 litres par jour et par vache.

C'est important de voir ce que font les autres et avec la Sobac, on a la chance d'avoir toutes ces « Portes Ouvertes ». Ça permet d'apprendre. En général, les autres marchands, ils prennent la commande et puis c'est bon. J'espère qu'on est en avance. Mais nous sommes encore confrontés à un problème de nourriture. Ça passe par un renouvellement de nos prairies. On a le double de rendement en dix plantes par rapport aux prairies naturelles ; on en sème tous les ans.

On est plusieurs dans le coin à avoir adopté le concept Sobac, ça rassure un peu. Les mentalités évoluent. Aujourd'hui, nous sommes à un coût de 80 euros de l'hectare. Ça devient très intéressant. En première année, on était à 115/120 euros/hectare. En conventionnel, ils sont autour de 120/130 euros. Ça, c'est du concret »
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“ Aujourd'hui, nous sommes à un coût de 80 euros de l'hectare.
Ça devient très intéressant. ”