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MIDI-PYRÉNÉES - Ariège
Témoignage de François Lepoutre
François Lepoutre, 33 ans,
EARL Les Granges à Leran
Eleveur race Salers
Formation d'ingénieur agricole
190 ha SAU
90 vaches allaitantes
40 ha de cultures
“ Je suis un scientifique qui marche à l'intuition ”

François Lepoutre est en société avec son beau-père qui est arrivé dans la région en 1976 comme ouvrier agricole pour un investisseur qui avait acheté une exploitation dans cette zone. Il voulait faire de l'agriculture sur cette propriété et ils se sont portés sur la viande bovine. Entre temps cet investisseur qui avait acheté une première propriété de 80 hectares a continué à investir dans le foncier jusqu'à acquérir environ 400 hectares. À partir de 84, associés à d'autres jeunes, ils se sont mis à faire de la vente directe par correspondance. C'est ce qui a tiré vers le haut ces exploitations qui sont en contact permanent avec leur clientèle.

« Mon beau-père a d'abord créé un GIE de quatre exploitations réunies pour 300 vaches Salers, puis a monté l'atelier de découpe en 1997. Je suis arrivé sur le site agricole en 2003 et je me suis installé en 2006. Nous étions sur un élevage semi extensif et une partie engraissement plutôt intensive (maïs/ray-grass). J'ai changé ce volet pour venir sur une méthode moins intensive (engraissement rations sèches/céréales) et j'ai désintensifié tout ce qui était maïs. Sur les prairies, avec les fertilisations minérales classiques, je voyais les sols se dégrader. C'est un éleveur des Hautes-Pyrénées qui m'avait parlé du Bactériosol®. Il faisait également des méteils. J'ai commencé par ça et j'ai basculé sur le procédé Sobac. J'avais la conviction que ce produit pouvait être intéressant. En fait, j'avais un souci sanitaire sur les veaux (diarrhées entre autres) et j'ai été tenté d'essayer le Bactériolit® pour traiter les litières. Et puis après, j'ai converti l'ensemble de l'exploitation.

J'ai acheté du Bactériolit® pour la première fois en 2005. Côté résultats, il y a deux facteurs. On attaque avec Bactériosol® et Bactériolit® et en même temps on débraie sur les fertilisations minérales et azotées. Il y a un changement de la flore, on voit des trèfles arriver, on a des herbes un peu plus tardives en pousse mais beaucoup plus régulières. Des herbes plus appétentes contrairement à une fertilisation azotée sur laquelle les vaches se jettent avant de la bouder dans la foulée. La pousse est beaucoup plus progressive et de meilleure qualité.

Il y a eu une amélioration au niveau de la santé animale. Je suis un scientifique, mais je marche aussi à l'intuition. J'ai tout de suite senti que ce produit avait un truc. La meilleure preuve : les marchands d'engrais nous fusillent. Si c'était vraiment mauvais, ils ne prendraient pas toute cette peine. Ils nous disent que c'est de la poudre de perlimpinpin, que c'est jeter son argent par les fenêtres.

Aujourd'hui, sur l'exploitation, je suis à 15 tonnes d'ammonitre alors qu'on devait en acheter une quarantaine.

Si on veut vraiment adhérer au principe Sobac, il ne faut pas espérer un résultat immédiat. Avec le Bactériosol®, on va réensemencer en bactéries et en champignons. Il faut bien ensemencer aux bonnes périodes. Dans ce créneau des activateurs biologiques des sols et tout ce qui est vie du sol et retour à un respect du sol, il y a divers intervenants sur le marché qui ne sont pas capables de travailler ensemble pour faire face à la puissance de l'industrie chimique. Quand j'entends un certain spécialiste des sols dire sur France-Inter qu'il ne connaît pas le Bactériosol® et qu'on ne sait pas ce que ça donne, mon œil ! C'est dommage, surtout quand on est avec la même philosophie. Il y a tellement d'intérêts en jeu de tous les côtés… C'est de la guéguerre stupide. Je prends régulièrement des stagiaires ingénieurs et sur le descriptif de l'exploitation, quand ils décrivent le procédé et l'utilisation du Bactériosol® et du Bactériolit®, ils se font descendre à l'école. Maintenant, je leur dis : Ne le décrivez pas trop, vous allez vous faire descendre… Il y a encore un total manque d'ouverture. Même dans une école d'ingénieurs agricoles, ils n'arrivent pas à sortir du schéma. D'un point de vue économique, la Sobac est bien positionnée sur le marché. Bactériosol® et Bactériolit® se situent juste en dessous du coût d'une fertilisation traditionnelle.

Et nous, en travaillant en vente directe, nous avons à faire à des clients friands de produits naturels. C'est un vrai argument de leur dire comment nous travaillons. Ça plaît beaucoup, c'est indéniable. Au niveau de notre image, ça aide beaucoup.

Et puis, quand vous êtes tout seul sur une exploitation et que vous stoppez la fertilisation minérale, ça libère du temps. Aujourd'hui, mon exploitation c'est 190 hectares SAU pour 90 vaches allaitantes et 40 hectares de cultures. Je suis quasiment en Bio, il ne manquerait plus grand chose pour le faire, mais les contraintes en plus ne m'apporteraient rien. En termes économiques aujourd'hui, ce n'est pas plus intéressant. Je ne valoriserai pas plus mes produits. On a une clientèle qui adhère à notre système mais qui n'est pas prête à mettre plus pour une production Bio. L'entreprise fait aujourd'hui 130 tonnes de carcasses annuelles et, au niveau clientèle, c'est entre 3 et 4 000 clients actifs sur toute la France et un peu l'étranger. Pour moi, le Bio c'est trop hétérogène. Il vaut mieux rester dans notre système proche du client et leur expliquer ce qu'on fait et comment. Je me sens en accord avec moi-même, en accord avec ma clientèle. Nous sommes dans notre bulle et si on ne rentre pas dans le Bio c'est aussi parce que c'est un système. Ce n'est pas le système des industries phytopharmaceutiques et chimiques mais un système Bio administratif qui croule sous les contrôles. Dans le système où je suis, au bout de cinq ans, j'ai trouvé un équilibre technico-économique qui n'est pas trop mauvais. Plutôt bon même.

Sur mon exploitation, toute la superficie est traitée au Bactério. Je continue encore à utiliser certaines fertilisations minérales à hauteur de 30 unités d'azote sur les prairies. J'ai un système fourrager où je fais mes stocks avec de l'ensilage. Il faudrait que je fasse aussi évoluer mon système fourrager ce qui n'est pas encore calé. Je suis en Cuma, je dépends d'autres systèmes en même temps. J'ai travaillé une autre exploitation à façon qui n'était pas passée au Bactériosol®. Quand je fais un comparatif, au bout de 5 ans, il y a une nette différence. Ça fait plaisir de pouvoir expliquer à la clientèle ce qu'on fait. Aujourd'hui, sur l'exploitation, je suis à 15 tonnes d'ammonitre alors qu'on devait en acheter une quarantaine. Il y avait des périodes où j'avais dix pour cent de mortalité à cause de diarrhées, je suis retombé à 4/5 %. Il y a une meilleure maîtrise. En plus, la Salers est une race rustique avec des frais vétérinaires très limités.

L'utilisation du Bactério doit avoir une incidence sur tout ce qui est minéral. Je travaille assez peu en complémentation minérale et je n'ai aucun problème sanitaire visible par rapport à des carences.

Il y a un retour à l'observation. On peut l'appeler bon sens paysan si on veut. La voie que j'ai choisie n'est pas encore reconnue et c'est un peu frustrant. Pour les gens qui sont dans la démarche, qui s'engagent, c'est par le bouche-à-oreille. On essaime. C'est comme ça que ça va se développer. Il faut être bien dans sa tête pour changer de démarche ».

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“ Aujourd'hui, sur l'exploitation, je suis à 15 tonnes d'ammonitre alors qu'on devait en acheter une quarantaine. ”

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