







Sur les hauteurs de Pierrefort, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Saint-Flour, le Gaec du Puy de Banes s'étend sur près de deux cents hectares, à travers ces vallons qui font tout le charme de cette partie du Cantal. Pierre Rodier, 43 ans y est associé avec ses frères Antoine et Daniel. à 1 200 mètres d'altitude, ils disposent d'un magnifique troupeau de race Aubrac et espèrent bien dans les années qui viennent, développer encore leur exploitation.
Quand on nous a vus sortir l'épandeur à fumier au mois d'août, ça a fait drôle, surtout ce que c'était l'année de la sécheresse. Les gens disaient : vous ne ferez jamais repâturer les vaches à l'automne dessus. L'automne dernier les bêtes mangeaient à nouveau dans les regains avec une appétence incroyable.
C'est dur de changer toutes les habitudes et d'ailleurs la première année qu'on a commencé avec Bactériosol® quand j'ai vu que ça ne démarrait pas aussi vite, j'ai mis un petit coup d'engrais chimique. Le gars de la Sobac, m'a dit : je ne veux plus de ça ou alors tu abandonnes le Bactériosol®. Ce n'est pas que j'y croyais pas mais j'avais peur. Je me disais : il va nous manquer trop de foin. Cette année, ceux qui ont balancé 3 à 400 kilos parce que ça ne démarrait pas, ils sont derrière nous. Nous, on voyait que ça ne démarrait pas au printemps mais on a fait le même nombre de bottes que l'an dernier alors que tout le monde se plaint qu'il manque du foin.
Il nous a fallu quatre ans pour avoir pleine confiance dans le procédé, pour voir vraiment que ça y faisait. Le technicien de la Sobac nous dit : Vous verrez dans 7/8 ans, sur 40 hectares à la montagne, vous tiendrez sept/huit coupes de plus. Et maintenant j'y crois. Ici, sur cette ferme où on travaille depuis quatre/cinq ans, on passera davantage de bêtes à l'avenir.
Quand on voit les parcelles des voisins et les nôtres au printemps, on voit qu'il se passe quelque chose. Le vert est plus foncé chez nous et au pied, ça démarre plus épais. J'ai fait connaître une dizaine de clients à la Sobac en dix ans. L'an dernier au concours Aubrac de Saint-Mamet, je lui ai fait rencontrer cinq personnes.
Le fils : Quand je parle de ça avec les profs, au lycée agricole de Saint-Flour, ils me disent que c'est de la connerie, qu'il n'y a rien qui prouve que ça amène de tels résultats, qu'il n'y a pas de preuve. Pour eux, il n'y a que le complet qui marche. Sur notre secteur, avec la Sobac, on a un super type avec Yvan Mestries. Il suit les parcelles, il sait expliquer.
Pierre : J'ai mis longtemps à y venir mais maintenant j'y crois. Les doutes que j'ai eus, c'est par rapport au temps que ça prenait. Pour démarrer, nous sommes tombés dans des années favorables, sans sécheresse mais quelquefois on a du mal à mesurer les effets du produit. Il faut deux / trois ans pour bien comprendre tous les fonctionnements. Sur le travail de la terre, on sent les effets rapidement. Le sol est beaucoup plus meuble, le tracteur passe beaucoup plus facilement, sans à-coups. Sur les prairies naturelles, quand on a fauché, on dirait un terrain de foot. C'est épais, souple au pied et ça redémarre tout de suite.
On sent que ça joue au niveau de la santé des bovins. Sur 150 vêlages, on n'a pas eu un veau à soigner. On voit la vigueur des veaux à la naissance. Des veaux nés un peu gros, un quart d'heure / une demi-heure après la naissance, ils sont debout pour téter. Il y a bien quelque chose qui joue dans cette vigueur. On ne peut plus nous accuser de polluer. On y est sensibles. C'est vrai qu'il y a eu une prise de conscience à ce niveau. Le technicien de le Chambre de Saint-Flour qui nous suit, dit qu'on a fait un très bon choix. Je discute de ce produit avec des gens qui nous voient travailler et qui ont envie de s'y intéresser. Si les gens viennent vers moi, je leur explique la démarche car en principe, je m'occupe de mes affaires, pas de celles des autres !
Avec Bactériolit®, quand vous allez épandre vos fumiers et lisiers, ça tombe en poussière. On dirait du fumier composté. En Bactériosol®, on en prend moins car maintenant nous avons plus de fumiers à traiter. Avec la montagne, j'ai pris huit tonnes de Bactériosol® et une tonne de Bactériolit® concentré.
Au niveau du potager, on a commencé l'an dernier, mais j'ai déjà vu les effets au niveau des pommes de terre. Elles n'ont jamais été aussi belles. Côté UGB/hectare, on va augmenter un peu ; on aurait la place pour avoir quelques bêtes supplémentaires car on va encore s'améliorer au niveau des rendements !
J'aime bien travailler seul et voir venir mon terrain. Au printemps, maintenant, je me baisse pour regarder ce qui pousse, ce que je ne faisais jamais avant. C'est joli à voir cette évolution. Quand on avait attaqué l'ensilage en 95, on cartonnait en complet à 400 kilos/hectare. C'était de la folie.
Et c'est vrai qu'aujourd'hui, quand on voit revenir les coulemelles et autres champignons dans nos champs, on est content. Tout cela avait disparu, par notre faute. C'est affreux l'argent qu'on a balancé dans cette course aux engrais. Moi, je démarrais en 95 et on faisait comme les voisins. Au niveau des terres, je sens qu'on a fait des progrès mais qu'on a encore de la marge de progression ».