







A la ferme de l'Hôpital, sur le plateau
du Larzac, pas de temps à perdre en
cette période d'agnelage. Benoît et
Jacques n'ont pas une minute à perdre
en ces derniers jours de décembre.
Benoît Thelin trouve quand même le
temps de nous parler de leur histoire
avec Marcel Mézy. Utilisateurs de 160
tonnes d'engrais chimiques annuels de
1960 à 1982, ils sont passés à zéro
depuis 22 ans et n'emploient que 30
tonnes de Bacteriolit® et Bacteriosol®.
Une révolution.
« En 1986, nous avons été confrontés
à un vrai problème, à un véritable cas
de conscience. Nous utilisions de plus
en plus d'engrais chimiques pour
une production de moins en moins
satisfaisante. Je me rappelle de la
première fois où Marcel Mézy est venu
ici. Il nous a dit : Avec le fumier que
vous avez, vous êtes les plus riches du
monde ! Depuis 86, nous n'utilisons
plus du tout d'engrais chimiques, plus
du tout de pesticides. Au début tous
les voisins rigolaient et maintenant
ils sont une douzaine à utiliser les
produits commercialisés par Marcel
Mézy.
Tous les commerciaux qui travaillaient
pour les grandes firmes d'engrais nous
disaient avec un petit sourire : « On
reviendra dans deux ou trois ans ».
Aujourd'hui ce sont eux qui se mettent
à parler de litière et à essayer de
comprendre notre procédé. Le regard
des techniciens de la Chambre d'agriculture
a aussi changé. Ils viennent
maintenant nous voir pour connaître
la façon dont on travaille. Marcel
Mézy nous a fait découvrir la valeur du
fumier et aussi ce que pouvait nous
apporter le mélange de certaines
plantes. On a beaucoup travaillé sur
les rotations et aujourd'hui on fonctionne
bien. Nous n'avons pas eu de
résultats tout de suite mais ça allait de
mieux en mieux, d'année en année. La
terre était de plus en plus facile à travailler.
Pour les céréales nous mettons
du fumier et 200 kilos de Bacteriosol®
à l'hectare.
La ferme fait 625 hectares dont 210-
220 que nous travaillons. Le reste c'est
du parcours. Nous avons 700 brebis
et 300 agnelles. Nous travaillons
avec Tribalat et la Bergerie de Lozère
qui valorisent notre lait en bio.
On allait droit dans le mur il y a 22 ans
et très vite les découvertes de Marcel
Mézy ont représenté pour nous
l'avenir que ce soit au niveau financier
ou à celui de la conception que nous
avions de notre métier. Il s'est passé
beaucoup de choses pendant ces
deux dernières décennies et le regard
des gens est en train de changer. Les
produits bio se développent. Je me
demande quand même si dans certaines
régions, il est encore possible
de rattraper le coup. Il y a des coins où
la vie microbienne a été complètement
détruite.
Toutes ces années à travailler la terre
autrement, nous ont donné une force
incroyable. C'est vrai que nous
retirons une certaine fierté d'avoir
fait partie des pionniers dans cette
aventure ».